Visiblement ravi des retombées de son parcours à dix arrivées au sommet en 2012, le Tour d’Espagne a décidé de faire encore plus fort cette année. La Vuelta 2013, officialisée ce samedi, comptera onze montées finales en vingt-et-une étapes, dont Peyragudes, une première en France depuis dix ans.

La Vuelta enfonce le clou

Une quête d’identité enfin achevée ?

C’est une histoire qui dure depuis longtemps, peut-être même toujours. Dans l’ombre du géant Tour de France et du vieux Giro, la Vuelta a toujours un peu de mal à se faire sa place dans le cercle des grands tours. Déficit historique, déficit sportif aussi, pour une compétition longtemps réservée aux seuls Espagnols et qui, malgré une internationalisation plutôt réussie au tournant du XXIe siècle, a continué à courir derrière ses deux grands frères, le Tour d’Italie ayant réussi ce virage un poil plus tôt. Tout a été envisagé, voire tenté : deux semaines de course, retour en mai, décalage plus tôt en août, plus tard en septembre, … Rien ne semblait pouvoir sortir le Tour d’Espagne de son statut de troisième grand tour, par ordre chronologique comme d’importance, d’une sorte de léthargie post-Tour et pré-Mondial, qui faisaient que l’on suivait moins cette course que ses deux acolytes, et de très loin.

Mais il y a un an, l’annonce du parcours de la Vuelta 2012 avait marqué les esprits comme rarement. En proposant dix arrivées au sommet en trois semaines, les organisateurs avaient tenté de donner à leur course une identité propre, unique. Le Tour est le rêve du coureur cycliste, l’équilibre parfait rouleur-grimpeur ; le Giro est le théâtre magistral de la haute montagne ; la Vuelta serait la course des arrivées au sommet à gogo. Et tant pis si, au final, l’édition 2012 s’est jouée sur une étape comptant certes une arrivée en hauteur, Fuente Dé, mais certainement pas dans cette montée finale proprement dite. La configuration de course a donné lieu à un spectacle certain, à défaut d’écarts abyssaux, et, il faut bien le dire, elle est favorable aux meilleurs coureurs espagnols actuels – Alejandro Valverde, Joaquin Rodriguez, Alberto Contador, Samuel Sanchez.

Angliru, Peyragudes, Andorre, …

Pour 2013, il ne faut donc pas être surpris de voir Unipublic enfoncer le clou, et pas qu’un peu, en proposant cette fois onze arrivées au sommet, soit plus d’une étape sur deux. Les risques sont multiples : l’aspect répétitif du procédé, dont l’on a déjà touché les limites l’été dernier – toujours les mêmes devant, toujours la même hiérarchie, jamais beaucoup d’écarts ; se couper des sprinteurs, aussi, car les meilleures fusées mondiales n’auront aucune envie de se coltiner tous ces cols pour une opportunité tous les quatre matins ; s’enfermer, enfin, dans un modèle pour l’instant original mais qui pourrait finir par lasser, d’autant que la Vuelta se coupe peu à peu de quelques fondamentaux des grand tours, avec des chronos courts et vallonnés ou une seule étape de plus de 200 km pour ce parcours 2013.

Mais il faut donner une chance à ce prochain Tour d’Espagne, car sur le papier il a de quoi faire très mal. Il y a ces nouveaux classiques dont Unipublic semble se délecter : Peña Cabarga ou Valdepeñas de Jaen, que la Vuelta revisite tous les ans désormais. La haute montagne semble néanmoins un peu plus à l’honneur que l’an dernier, entre l’arrivée sur le terrible Angliru la veille de Madrid – attention au syndrôme Mont Ventoux 2009 -, l’étape de Peyragudes qui passe par le port de Balès et Peyresourde en l’honneur du centenaire du Tour, l’étape andorrane – trois grands cols et une montée finale difficile – ou les difficiles journées andalouses. De quoi peut-être attirer in extremis Contador et Rodriguez, héros de l’an dernier mais a priori peu intéressés par un passage sur la Vuelta cette saison ; de quoi surtout intéresser ceux qui voudront briller à Florence, pour les Mondiaux. Le tracé toscan est le plus difficile depuis des années, et la course aura lieu deux semaines après l’arrivée à Madrid. Et c’est encore le meilleur argument de la Vuelta, depuis des années.

 

Le parcours du Tour d’Espagne 2013 (24 août au 15 septembre) a été dévoilé ce samedi. Au programme : onze arrivées au sommet (bosses et cols confondus), soit une de plus que l’an dernier, dont une incursion en France, à Peyragudes. Mais aussi bien des classiques : le terrible Angliru la veille de l’arrivée à Madrid, Peña Cabarga (lieu du fameux duel Froome-Cobo en 2011), le Naranco, Valdepeñas de Jaen, ou le difficile Collada de la Gallina, en Andorre, déjà vu en 2012. L’épreuve commencera par un contre-la-montre par équipes au bord de l’Atlantique de 27 kilomètres. Il n’y aura qu’une seul autre chrono, individuel celui-ci, à Tarazona (38 km) au lendemain du premier jour de repos.

Les étapes

Samedi 24/08 : 1e étape, Vilanova de Arousa – Sanxenxo (27 km, contre-la-montre par équipes)
Dimanche 25/08 : 2e étape, Pontevedra – Alto do Monte da Groba (177 km)
Lundi 26/08 : 3e étape, Vigo – Mirador de Lobeira (172,5 km)
Mardi 27/08 : 4e étape, Lalin – Finisterra (186,5 km)
Mercredi 28/08 : 5e étape, Sober – Lago de Sanabria (168,5 km)
Jeudi 29/08 : 6e étape, Guijuelo – Caceres (177,5 km)
Vendredi 30/08 : 7e étape, Almendralejo – Mairena de Aljafare (195,5 km)
Samedi 31/08 : 8e étape, Jerez de la Frontera – Peñas Blancas (170 km)
Dimanche 01/09 : 9e étape, Antequera – Valdepeñas de Jaen (174,5 km)
Lundi 02/09 : 10e étape, Torredelcampo – Alto de Hazallanas (175,5 km)
Mardi 03/09 : Repos
Mercredi 04/09 : 11e étape, Tarazona – Tarazona (38 km, contre-la-montre individuel)
Jeudi 05/09 : 12e étape, Maella – Tarragona (157 km)
Vendredi 06/09 : 13e étape, Valls – Castelldefels (165 km)
Samedi 07/09 : 14e étape, Baga – Collada de la Gallina (164 km)
Dimanche 08/09 : 15e étape, Andorre – Peyragudes (232,5 km)
Lundi 09/09 : 16e étape, Graus – Aramon Formigal (147,5 km)
Mardi 10/09 : repos
Mercredi 11/09 : 17e étape, Calahorra – Burgos (184,5 km)
Jeudi 12/09 : 18e étape, Burgos – Peña Cabarga (186 km)
Vendredi 13/09 : 19e étape, San Vicente de la Barguera – Alto del Naranco (177,5 km)
Samedi 14/09 : 20e étape, Aviles – Alto de l’Angliru (144 km)
Dimanche 15/09 : 21e étape, Leganes – Madrid (99 km)

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