Comme c’est désormais la coutume, l’organisation du Tour d’Italie a présenté le parcours de sa prochaine édition le lendemain du Tour de Lombardie. Elle partira de Naples pour la première fois depuis cinquante ans, proposera un passage par la France avec une arrivée au Galibier, un chrono de 55 kilomètres, et surtout, se jouera en troisième semaine après l’escalade de plusieurs montées mythiques de la course rose : Gavia, Stelvio, Tre Cime di Lavaredo.

RIECCOLE! Tre Cime di LavaredoE' lassù che si deciderà il Giro

Un chrono de 55 km pour commencer

Vu d’Italie, le principal évènement lié à la révélation du parcours du Giro 2013, c’est le grand départ de Naples, que l’on savait officiel depuis plusieurs mois. Cela fait cinquante ans que la course n’était pas partie de la capitale du Mezzogiorno, même si plusieurs étapes avaient visité la Campanie depuis, et en dernier lieu il y a trois ans. Un essai avait été réalisé sur le Giro féminin cette année et dans sept mois, ce sera donc à ces messieurs de faire de même. Mais sportivement, le dimanche sera plus important que le samedi et la première étape en ligne : il s’agira d’un chrono par équipes de 17,4 kilomètres, qui lancera véritablement les hostilités et donnera le la pour la première semaine, marquée par plusieurs étapes accidentées. Dès le lundi, il y aura deux belles bosses à négocier sur la route de Marina di Ascea, avant deux arrivées successives pour puncheur et une étape ciselée le vendredi, vers Pescara, en passant notamment par Chieti.

Mais tout changera sur la huitième étape : un contre-la-montre individuel de plus de cinquante bornes, qui n’est pas sans rappeler celui qui avait amené Denis Menchov à mettre la main sur l’édition 2009, même si les routes des Cinque terre sont plus vallonées que celles de Saltara. Ces deux dernières années, il n’y avait pas eu le moindre chrono longue distance sur le Giro. Une remise au goût du jour de l’exercice tout en conservant toutefois un certain équilibre, car ce qui suit a tout pour favoriser les grimpeurs et permettre leur remontée au classement général. Pourquoi pas dès le lendemain ? Quelques mois avant les Mondiaux, on découvrira le circuit de Florence, pour de probables offensives. Suivra le premier jour de repos, et, dès le lendemain, la première vraie arrivée au sommet, à Altopiano del Montasio. Mais ensuite, la deuxième semaine est plus calme, avec des étapes pour puncheurs et sprinteurs.

 

Une overdose de cols pour terminer

Formaté par les deux premiers chronos, le classement géénral explosera pour de bon au week-end suivant, en prélude à la troisième semaine. Samedi : la longue montée vers Sestrières, et derrière, l’arrivée à Jafferau, une ascension courte, d’à peine plus de cinq bornes, mais aux pourcentages effrayants. Les trois dernières bornes sont à plus de 12% de moyenne et mènent à un fort qui servira de théâtre magnifique à cette étape de la Vallée de Suse. Le lendemain, autre surprise : une étape qui se termine au… Galibier. Col classique du Tour de France, mais où la course rose n’avait encore jamais fini une étape. Pourquoi cette étape ? Pour rendre hommage à Marco Pantani. C’est sur cette ascension que le défunt vainqueur du Tour de France, dernier Italien auteur de cette performance, marqua de son empreinte son édition 1998. Le dernier coureur à s’être imposé en ces lieux n’est autre qu’Andy Schleck, sur le Tour de France 2011, au terme d’une étape extrêmement spectaculaire.

Après deux étapes de transition et le deuxième jour de repos, c’est le mercredi de la troisième semaine que démarre le triptyque décisif. D’abord la cronoscalata sur les rampes de Polsa, presque vingt kilomètres d’ascension depuis Mori : il n’est pas aussi difficile que celui de Nevegal en 2010, mais est si spécifique qu’il en est dangereux. La pente ne dépasse presque jamais les 7%, avec un long replat à mi-escalade. Il faudra parfaitement gérer son effort et minutieusement repérer les lieux. Mais aussi garder des forces pour les vendredis et samedis à suivre. Ce seront les deux journées-clé de ces trois semaines de course. C’est là que l’on attaque les grands classiques du Giro. L’antépénultième étape propose un enchaînement Gavia-Stelvio qui va en éliminer plus d’un. Le Gavia – 17 km, 7,9% – ne se présente plus depuis l’édition 1988 et le tour de force réalisé par Andrew Hampsten dans la neige, acte fondateur de son succès final. Le Stelvio, lui, est un monstre : 26 bornes à 7,7% de moyenne dont 14 à 8,4%. Imaginez ces deux immenses cols enchaînés dans la même journée… et suivis d’une troisième difficulté avec arrivée en son sommet : le Val Martello. Ça frôle l’indécence.

Sulle orme di PantaniIl Giro scala il totem Galibier

Sauf que le lendemain samedi, veille de l’arrivée à Brescia, c’est pire encore. Il faudra d’abord s’élever au sommet du Passo Costalunga, avant de gravir quatre mythes : San Pellegrino, Giau, Tre Croci et l’arrivée magnifique des Tre Cime di Lavaredo. Il s’agit cette fois-ci un hommage à Eddy Merckx puisque c’est sur ses routes que le champion belge, en 1968, s’était imposé comme le nouveau Anquetil, remontant dix minutes de retard en douze kilomètres. Les trois derniers permettent ce genre d’exploits : 12,2% de moyenne et des passages qui frôlent les 20%. En 2007, le dixième avait fini à plus de six minutes du vainqueur, Riccardo Ricco. Le Giro n’y était depuis plus revenu : cette fois, il y sacrera son vainqueur, car la dernière étape, à Brescia, est toute plate.

 

Altimetria generale

04/05 : 1e étape, Naples – Naples (156 km)
05/05 : 2e étape, Ischia – Forio (17,4 km, CLM par équipes)
06/05 : 3e étape, Sorrento – Marina di Ascea (212 km)
07/05 : 4e étape, Policastro Bussentino – Serra San Bruno (244 km)
08/05 : 5e étape, Cosenza – Matera (199 km)
09/05 : 6e étape, Mola di Bari – Margherita di Savoia (154 km)
10/05 : 7e étape, San Salvo – Pescara (162 km)
11/05 : 8e étape, Gabicce Mare – Saltara (55,5 km, CLM individuel)
12/05 : 9e étape, San Sepolcro – Florence (181 km)
13/05 : Repos
14/05 : 10e étape, Cordenons – Altopiano del Montasio (167 km)
15/05 : 11e étape, Tarvisio – Vajont (184 km)
16/05 : 12e étape, Longarone – Trévise (127 km)
17/05 : 13e étape, Busseto – Cherasco (242 km)
18/05 : 14e étape, Cervere – Bardonecchia (156 km)
19/05 : 15e étape, Cesana Torinese – Galibier (150 km)
20/05 : Repos
21/05 : 16e étape, Valloire – Ivrea (237 km)
22/05 : 17e étape, Caravaggio – Vicence (203 km)
23/05 : 18e étape, Mori – Polsa (19,4 km, CLM individuel)
24/05 : 19e étape, Ponte di Legno – Val Martello (138 km)
25/05 : 20e étape, Silandro – Tre Cime di Lavaredo (202 km)
26/05 : 21e étape, Riese Pie X – Brescia (199 km)

 

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